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Nov 30

Colloque Le Kef


L’enfant , citoyen silencieux 

Le Kef 15avril 2012

 Des représentants  du secteur associatif, des milieux universitaires, des médias  et d’organismes de défense des droits des enfants des régions du Kef, de Jendouba et de Siliana étaient venus nombreux participer à la deuxième rencontre organisée par l’association tunisienne de défense des des droits de l’enfant  avec l’appui de l’UNICEF pour  débattre de la protection constitutionnelle des droits de l’enfant et de son incidence sur leur situation voire même sur leurs vie.

 

 De l’avis des spécialistes présents, la « constitutionnalisation des droits de l’enfant » renforcée par la création d’une institution indépendante de suivi de l’application de ces droits  aura une réelle valeur ajoutée sur le bien-être des enfants compte tenu de leur vulnérabilité particulière d’autant que les enfants n’ont ni voix, ni vote et très peu d’accès aux médias ou aux services juridiques en cas de violation de leurs droits.

 Il est vrai comme l’a démontré Mme Afifa Mannai assistante à la faculté des Sciences Juridiques de Jendouba que la législation tunisienne est en conformité avec la Convention relative aux droits de l’enfant et qu’un large éventail de lois connexes et complémentaires a été  adopté ces dernières années, (le code de protection de l’enfance, l’institution du corps des DPE , le devoir de signalement. … Oui mais est-ce suffisant a rétorqué Monsieur Béchir Béjaoui Assistant à la même Institution, est ce que l’enfant bénéficie de toutes ces lois et de tous ces droits ?   Pas toujours. Des mises au point, même  au niveau de la terminologie et du libellé devraient déjà être introduites pour être  « respectueuses » des droits de l’enfant : l’audition devrait remplacer l’instruction, une police judiciaire spécifique à l’enfant  devrait être mise en place, la médiation limitée aujourd’hui  au délégué à la protection de l’enfance devrait être élargie au juge qu’il soit de la famille ou de l’enfant,  la majorité pénale devrait être élevée à 20 ans pour les enfants auteurs d’infractions et dont l’âge se situe entre 18 et 20 ans, etc… 

 Il appartient aussi à la société civile, a souligné Mme Samira Oulhazi, Sociologue, d’améliorer cela. Les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle important  dans la promotion et la  protection des droits de l’enfant. Leur engagement est crucial dans le plaidoyer, la collecte d’informations de données pertinentes et la préparation de rapports  sur la situation des droits des enfants.

 Faisant la synthèse des présentations, Mme Ghaida Ghediri, doctorante à la facultés des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, a souligné que la protection des droits des enfants dépasse la satisfaction des besoins fondamentaux et requiert une forme de «  programme  holistique »  pour que les enfants puissent exiger des soins, une éducation, etc  parce que c’est « leur droit et non une aumône »  

« La Constitution est  avant tout un projet de société fondé sur les droits de tout un chacun avec une attention particulière aux plus vulnérables  » a-t-elle conclu.

 Selon M. Lotfi Laamari, Rédacteur en Chef du journal Hakaek, « leTsunami qui a secoué la Tunisie a révélé beaucoup d’aspects et de situations  jusque- là insoupçonnés.  Parmi elles les multiples facettes  et les situations bigarrées de l’enfant tunisien. Il y a autant de situations que d’enfants en Tunisie et le devoir des médias est d’en parler et de les mettre au-devant de la scène. 

 S‘appuyant sur les observations du Comité international  des droits de l’enfant M. Mokhtar Dhahri, Chargé de la Communication à l’UNICEF a fait  ressortir les insuffisances relevées par cette instance lors de l’examen du dernier rapport de la Tunisie en  2010 qui justifient  la recommandation d’instituer  un mécanisme indépendant  chargé de surveiller le respect des droits de l’enfant tunisien. 

 Les discussions qui ont suivi n’ont fait que confirmer ces carences quant à la mise en œuvre et l’utilisation de la convention sur le plan de la violence envers les enfants, du système de justice juvénile, de développement de la petite enfance,  de la pauvreté infantile, etc. Tous les participants sont parvenus à la conclusion que la constitutionnalisation des droits  l’enfant  est une obligation morale qui incombe à toute  la société en général  et l’état en particulier  pour assurer la protection des enfants. Une motion a été adressée à l’Assemblée Constituante à cet effet. 

 Les enfants ont joint leurs voix à cet appel.  Les témoignages filmés nous ont dit long sur leurs besoins et sur ce qu’ils attendent des adultes et de la Constituante.  « Nous devons les écouter »  a conclu Dr. Moez Cherif, Président de l’association de défense des droits de l’enfant.

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